Santé et prévention

Au Zanskar, coupé du monde huit mois par an par les rigueurs de l’hiver, il n’existe qu’une infrastructure médicale sommaire. Les Zanskarpas se font soigner par la médecine tibétaine, mais pour se rendre à l’hôpital le plus proche, le trajet est déjà long et compliqué à la bonne saison, et il devient impraticable en hiver.

Face à cette situation sanitaire précaire, l’ARZ a organisé plusieurs camps médicaux gratuits sur la période estivale.

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La logistique de ces camps a été très complexe à mettre en place. Des bénévoles zanskarpas, ladakhis, suisses et français ont activement participé à l’organisation de chacun des camps, au tri des patients et à la distribution des médicaments. Des médecins traditionnels, les amtchis, ont été intégrés aux camps.

Les camps, annoncés par la radio locale, ont eu un énorme succès, ce qui illustre bien les besoins concrets de la population quant aux médicaments et aux soins. Le dernier camp en 2009 a également permis de dresser un bilan sanitaire de la population du Zanskar.

Si de tels camps médicaux permettent de soigner les maladies facilement identifiables, mais aussi de détecter des pathologies plus lourdes qui nécessiteront des soins dans un hôpital du Ladakh ou de Kargil, leur durée est toujours trop courte et ne peut couvrir tous les besoins de la population locale. 

C’est pourquoi, depuis son dernier camp multisite, l’ARZ a décidé de faire une pause pour entamer une réflexion afin de déterminer le moyen le plus efficace d’améliorer la santé au Zanskar sur le long terme.  

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A la recherche d’un partenaire

L'ARZ cherche à présent un partenaire fiable (ONG ou autre) qui pourrait reprendre cette tâche dans la région et développer des campagnes d’éducation à l’hygiène au sein même de l’école et des villages, afin de prévenir certains problèmes de santé récurrents.

 

Un historique des camps

Le 1er camp en 2004

Sous l’égide d’un ophtalmologue belge, une équipe médicale indienne bien rôdée au travail dans les conditions difficiles a ausculté gratuitement quelques 500 patients, opérant près de 50 d’entre eux de la cataracte avec un matériel léger et distribuant des centaines de paires de lunettes. Par ailleurs, environ 40 interventions ont été réalisés par un dentiste.
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Le 2ème camp en 2006

Une importante équipe médicale composée de médecins suisses et français (généraliste, dermatologue, gynécologue, dentiste, etc.), d’une ostéopathe ainsi que de docteurs et d’infirmiers indiens venus de Leh et de Kargil a tenu ce camp médical pluridisciplinaire. En l’espace d’une bonne semaine, 1300 patients se sont présentés aux consultations et ont profité des diverses spécialités. Le nombre total de consultations a donc été impressionant.  

Le 3ème camp en 2008

Une équipe composée de médecins et infirmiers indiens a œuvré dans le petit hôpital de Padum aménagé pour l’occasion. Un ophtalmologue a réalisé environ 60 opérations de la cataracte et les autres spécialistes ont ausculté plus de 1000 patients en médecine allopathique, gynécologie (nombreuses demandes de contraception), ostéopathie.
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Le 4ème camp multisite en 2009

Afin de prendre en compte la difficulté d’accès aux soins de toute une partie de la population rurale du Zanskar, l’ARZ a organisé un camp sur 4 sites différents, un dans chacune des trois vallées du Zanskar et un dernier à Padum. Ainsi la population des villages reculés n’a pas été oubliée.

Durant plus d’une semaine, 4 équipes médicales motivées ont ausculté plus de 1800 personnes, soit environ 15% de la population totale du Zanskar, et ont prodigué diagnostics et traitements.

L’objectif de ce camp était tant de apporter des soins d’urgence que de faire un inventaire des pathologies afin d’avoir un aperçu plus large de l’état sanitaire de la population.

Camps médical

Un bilan sanitaire du Zanskar

Suite à ces consultations, une base de données a été créée afin de dresser un bilan sanitaire partiel de la région. De manière générale, la population est en bonne santé et est indéniablement très résistante. Les pathologies les plus fréquemment rencontrées sont liées au mode de vie dans les montagnes himalayennes : ainsi, plus de la moitié des personnes soignées souffrent de problèmes rhumatologiques (douleurs dorsales et des genoux) liés aux travaux domestiques et agricoles et à la manière de s’asseoir ; plus d’un tiers des patients se plaignent de problèmes digestifs, liés à l’alimentation et aux boissons traditionnelles acides ; enfin, un patient sur six est venu consulter pour des problèmes ophtalmiques, liés aux conditions climatiques et à l’altitude (vent, poussière, UV).

La base de données ainsi établie permettra de mieux cibler à l’avenir les interventions médicales dans cette région et elle sera mise à la disposition d’autres associations et du gouvernement indien. D’autre part, elle pourrait permettre un suivi des patients et de leur état de santé.